10 règles d’or pour les systèmes d’enchères naturels
10 règles d’or pour les systèmes d’enchères naturels
Les systèmes d’enchère naturels tels que SEF, 2/1, SAYC, ACOL ont comme critère essentiel de qualité le respect de règles d’or qui en sont les fondations communes. Comme tout robot dont nous voyons l’aube de la “civilisation”, devrait par construction être contraint d’obéir aux 4 lois de la robotique, les robots de bridge, pour être performants, devraient avoir un système d’enchère encadré par les règles d’or. De même nous pauvres humains ne devrions accepter de système naturel agrémenté éventuellement de quelques conventions que si toute partie du système est en accord avec ces règles d’or. On est malheureusement habituellement très loin du compte, et la plupart d’entre nous avalent et reproduisent les écrits ou les leçons sans les passer au crible, en les ânonnant telle une liturgie.
Voici quelques unes des plus importantes règles d’or:
Les adopter fera de vous de bien meilleurs joueurs, qui en outre décupleront leur plaisir à la table. Alors, à quand votre procès de votre propre système d’enchères?



La liste des règles d’or est passée à la trappe à la publication. Les voici:
Règle # Enoncé
1 Décrire autant que possible la distribution dans des enchères qui montrent l’intérêt de jouer dans la
dénomination choisie. Néanmoins, ne pas mentir sur le potentiel commun. “Force a priorité sur
distribution”.
2 Une enchère dénie une enchère plus basse. “Ne pas sauter des enchères”
3 Les réponses négatives sont les plus économiques. Ex: 2C sur 2K, ou une réponse au BW au
premier niveau montrant 0 (ou 3) clés, ou une réponse aux rois au premier niveau montrant “aucun
autre”.
4 Un besoin de conversation implique des enchères lentes. Une enchère avec saut compense le
gaspillage par une grande précision ou une volonté de barrage parce qu’on sait assez précisément où
on va.
5 Une convention ne remplace jamais une enchère naturelle de semblable utilité. Par exemple: les
Stayman traditionnels ne remplacent pas assez avantageusement les enchères naturelles.
6 Une enchère impossible est une simple demande de plus d’information. La réponse négative est la
retraite dans sa couleur.
7 Les priorités dans la recherche d’une manche sont: 1. fit 44 en majeure 2. fit de 8 cartes au moins en
majeure 3. 3SA. 4. Fit de 7 cartes majeures jouables au niveau de 4. 5. 4 ou 5 en mineure…
8 Autant que possible dans les enchères artificielles, la couleur en question est nommée naturellement.
Par exemple, les arrêts avant 3SA sont montrés dans les couleurs contrôlées.
9 Quand il y a le choix entre 2 cuebids, celui le plus bas montre un in térêt dans la plus basse couleur
restante, et le plus haut dans la plus haute couleur restante. Les cuebids à bas niveau montrent au
moins une invitation, alors que les soutiens sont en levées totales et non constructifs. Par exemple:
1K 2SA (T+C) ? 3T est au moins une invitation à K, 3K est compétitif, 3C montre un intérêt à jouer
à P, 3P montre une couleur P pour ne pas laisser jouer l’adversaire au niveau 3.
10 Dans toutes les situations où il faudra fréquemment punir les interventions, le X sera punitif. Le XX
obéit à la même logique, sauf où il est clairement SOS: par ex 1SA X XX: si on veut ici surcontrer,
il suffit de passer (forcing) et le partenaire doit surcontrer.
A mon avis, beaucoup de vos règles d’or ne sont pas toujours justes, parfois contradictoires comme la 2 et la 7, ou à contexte insuffisamment développé. Si sur 1T vous avez une main faible avec 4 cartes à P et 5 cartes à K, le fait de dire 1P (règle 7) ne veut pas dire qu’on n’a pas de K; c’est une question de convention. Sur la 10, contre le SA fort, souvent le contre fait partie d’un système de défense à base de bicolore ou d’unicolore. Votre exemple est plus vrai sur une ouverture de 1SA faible. Sur la 7, si vous avez passé et que votre partenaire ouvre de 1C, si vous avez quatre cartes à P et fit C est-ce vraiment la priorité de trouver un fit 4-4 à P ? La 6 pour moi ne correspond pas à la définition d’enchère impossible, mais plutôt à nouvelle couleur forcing (plutôt genre troisième ou 4ème forcing). On pourrait discuter de chaque énoncé. Pour moi, une règle d’or est une règle valable quelque soit l’environnement. Par exemple : il faut faire confiance au partenaire.
Je vous remercie pour vos commentaires: ils me permettent de développer sur les points qui le méritent. Je reste convaincu que toutes ces règles sont universelles, mais si vous ne l’êtes pas, libre à vous de les revisiter puis de les suivre ou pas.
– Les règles 2 et 7 ne sont pas contradictoires, et toutes deux d’application sans exception. Afin de donner une meilleure idée du potentiel commun, il est important avec 5 cartes à K et 4 cartes à P de commencer par montrer les K, pour autant qu’une manche ou un chelem à K soient envisageables. On n’aura qu’une fois l’opportunité de les montrer: plus tard, en parler rallongerait les P. Et le partenaire avec 4 cartes à P aura encore l’occasion de les montrer après votre réponse de 1K.
– De même la règle 10 reste toujours valable quand on l’utilise avec discernement. Jouer le Contre punitif sur 1SA fort n’est qu’une option. En général on trouvera que cette déclaration ne mérite pas de rester naturelle car elle serait efficace bien trop peu souvent. par contre il est indiscutable de la garder naturelle sur les SA faibles, surtout si l’ouvreur est vulnérable.
– Règle 7. oui, le fit 44 est magique et vaut la peine d’être exploré quand un fit de 8 cartes dont au moins 5 d’un côté est avéré, à moins bien entendu que les interventions adverses ne vous en laissent plus le loisir.
– Règle 6: Votre exemple de la 3ème forcing n’est pas une ench-re impossible mais une convention, bien utile par ailleurs comme la 4ème forcing. Ce ne sont malgré tout que des conventions, donc hors cadre de la règle 6.
En résumé, je campe sur ces règles d’or et vous avez le droit de ne pas être d’accord, mais je n’ai décelé jusqu’ici aucun argument que je n’ai pu réfuter. Merci encore pour vos critiques. Chacun nous devons la trouver bienvenue et favoriser la mise à l’épreuve de ce que nous avançons. Personne n’est parfait, mais il est bon de rester assez ouvert pour rester perfectible.
Je remarque que pour votre démonstration, vous avez été obligé de compléter par : il est important avec 5 cartes à K et 4 cartes à P de commencer par montrer les K, pour autant qu’une manche ou un chelem à K soient envisageables. Et jz suis absolument d’accord dessus. Ce que je voulais dire c’est que votre règle d’or ne se suffit pas à elle même et a besoin d’un complément, ce qui en fait que telle qu’énoncée elle ne peut être considérée comme règle d’or.
Vous mettez en évidence un point important: le bon sens prime sur toutes les “règles” qui ne sont pas celles du code international du bridge. Le bridge est d’abord un jeu, mais un jeu de bon sens où toutes “règles” doivent être appliquées au regard de leur contexte après en avoir compris et admis le sens et la raison. Les exemples foisonnent: “honneur sur honneur”, “montrer sa parité”, “devant le mort, entamer dans sa force”, etc. C’est vrai aussi pour toutes conventions, Mais malheureusement, les paroles entendues ou lues de la part des “maîtres” sont presque partout gobées telles quelles au lieu d’être disséquées, digérées si totallement convaincantes, puis enfin le cas échéant, adoptées. Il faudrait revenir au sens critique des maîtres éprouvés tels que Pascal, Descartes, ou Voltaire.